Et si la flexibilité électrique finançait l’energy management ?

Lors de l’EnerJ-Meeting 2026, Cyril Tomezyk, expert en energy management chez Enera, et Alexandre Girard, CEO d’Orus Energy, ont présenté une approche inédite : financer l’optimisation énergétique des bâtiments grâce à la flexibilité électrique. Dans un contexte marqué par l’incertitude économique et la multiplication des réglementations, cette solution permet aux propriétaires de parcs tertiaires de réduire leurs […]

Lors de l’EnerJ-Meeting 2026, Cyril Tomezyk, expert en energy management chez Enera, et Alexandre Girard, CEO d’Orus Energy, ont présenté une approche inédite : financer l’optimisation énergétique des bâtiments grâce à la flexibilité électrique. Dans un contexte marqué par l’incertitude économique et la multiplication des réglementations, cette solution permet aux propriétaires de parcs tertiaires de réduire leurs coûts énergétiques sans alourdir leurs investissements.

Un contexte peu favorable aux investissements mais riche en leviers

D’entrée de jeu, Cyril Tomezyk, d’Enera Conseil, rappelle le cadre dans lequel évoluent aujourd’hui les acteurs du tertiaire. La baisse d’activité économique, les incertitudes politiques et géopolitiques et la volatilité des prix de l’énergie freinent aujourd’hui les décisions d’investissement. À cela s’ajoute un véritable « millefeuille » réglementaire, entre exigences de sobriété énergétique, réglementations sur les bâtiments tertiaires et décret BACS qui impose la mise en place de systèmes de pilotage. Dans ce contexte, les propriétaires et les gestionnaires hésitent à lancer des travaux lourds, faute de visibilité et de marges de manœuvre financières.

Face à ces contraintes, les solutions doivent permettre d’aller chercher des économies d’énergie et des retours sur investissement très rapides. C’est dans ce cadre que l’energy management et la flexibilité électrique prennent tout leur sens, en exploitant le potentiel énergétique déjà présent dans les bâtiments.

L’energy management : des économies rapides et sans travaux coûteux

L’energy management consiste à analyser finement le fonctionnement du bâtiment, interroger les usages, identifier les leviers d’amélioration et proposer des actions concrètes. Cyril Tomezyk met en avant les atouts de cette démarche qui permet d’aller chercher rapidement des gains, d’améliorer le confort et, très souvent, de réduire de manière significative les factures d’énergie en quelques semaines seulement, sans que cela nécessite de lancer de lourds travaux.

L’energy management ne se limite pas à « couper » la consommation. Il s’appuie sur une bonne compréhension technique du bâtiment et de ses équipements, mais aussi sur une approche humaine et centrée sur l’usager. L’objectif est de trouver une stabilité thermique, d’adapter les consignes aux horaires réels d’occupation et d’éviter les dérives, par exemple celles liées à des réglages inadaptés ou à des températures primaires trop élevées. L’automatisation joue un rôle clé, notamment dans le cadre du décret BACS (voir notre article sur le sujet),qui impose progressivement des systèmes de pilotage et de suivi. Les outils de supervision, les alarmes et les alertes permettent d’ancrer dans la durée les économies d’énergie obtenues.

Ces missions d’energy management ont naturellement un coût. C’est précisément pour le rendre plus acceptable, voire neutre, pour les propriétaires de parcs tertiaires qu’Enera propose de les combiner avec la flexibilité électrique.

La flexibilité électrique : une nouvelle source de revenus

Alexandre Girard explique que la transition énergétique introduit une volatilité inédite sur les réseaux électriques. D’un côté, les énergies renouvelables intermittentes complexifient la production d’électricité. De l’autre, l’électrification croissante des usages, avec les pompes à chaleur, les bornes de recharge pour véhicules électriques et les data centers, accroît la demande de manière imprévisible. L’entreprise RTE, dont c’est le rôle, doit équilibrer en permanence ce système pour éviter tout risque de black-out.

Dans ce contexte, les bâtiments ont un rôle actif à jouer sur le réseau électrique. En effet, les bâtiments tertiaires disposent de charges électriques pilotables, comme le chauffage, la climatisation, la ventilation ou la production d’eau chaude sanitaire. Ces charges peuvent être modérées ou décalées dans le temps pour répondre aux besoins du réseau. Par exemple, un préchauffage anticipé avant une pointe de consommation permet de soulager le réseau sans modifier la consommation totale du bâtiment. Orus Energy agrège ces capacités et les valorise sur les marchés d’équilibrage de RTE, générant ainsi des revenus supplémentaires pour les propriétaires.

Le modèle s’applique à des bâtiments très divers : de grands ensembles tertiaires déjà équipés de GTB, des bâtiments moyens en cours d’équipement BACS ou même des sites plus modestes disposant de systèmes connectés modernes. Dès lors qu’une consommation électrique est pilotable, la flexibilité devient accessible.

Les résultats sont concrets et significatifs. Un bâtiment de 15 000 m² peut, par exemple, générer jusqu’à 15 000 € en quelques heures d’actions ciblées pendant la période hivernale. Ces revenus, indépendants de la facture d’énergie, permettent de financer les missions d’energy management et de réduire les coûts globaux pour les propriétaires.

Une synergie gagnante et un confort préservé

En combinant ces deux approches, les propriétaires de bâtiments tertiaires bénéficient d’un cercle vertueux : réduction des coûts énergétiques grâce à l’energy management, financement partiel ou total de ces optimisations via la flexibilité et conformité réglementaire sans surcoût.

Pour autant, ces méthodes ne remettent pas en cause le confort, point clé souligné par les intervenants. Les actions mises en place sont courtes, généralement limitées à une ou deux heures, et rares, avec seulement quelques dizaines d’heures d’intervention par an. Elles sont également strictement encadrées pour garantir que les conditions de confort restent optimales, comme, par exemple, le maintien d’une température minimale de 20 °C. Le préchauffage améliore souvent la perception thermique à l’arrivée des occupants.

Comme l’explique Cyril Tomezyk et Alexandre Girard, l’objectif est de transformer les contraintes énergétiques en opportunités, en rendant le bâtiment plus performant et résilient, tout en allégeant la charge financière pour les propriétaires.

Ce qu’Enera peut faire pour votre parc tertiaire

Enera Conseil accompagne les propriétaires et gestionnaires de bâtiments tertiaires à chaque étape. L’équipe s’occupe de la réalisation d’évaluations et d’analyses sur le plan de l’efficacité énergétique des bâtiments, de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une stratégie de gestion de l’énergie. Elle prend en compte les besoins en matière de confort et les usages réels, met en place des outils de surveillance, de déclenchement d’alerte et d’automatisation. Les experts structurent les conditions techniques favorisant l’activation de la flexibilité et aident à la valorisation de cette flexibilité en s’associant à des partenaires spécialisés.

Vous souhaitez explorer ces solutions pour votre parc immobilier ? Contactez les experts d’Enera pour un accompagnement sur-mesure.

Les plus consultés

Prenez rendez-vous

Type d’activité

Je souhaite des informations sur