À partir de 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) connaît une réforme majeure, destinée à accélérer la transition énergétique des logements en France. Cette évolution, centrée sur la révision du coefficient de conversion de l’électricité, vise à valoriser les systèmes de chauffage électrique et à encourager la rénovation des passoires thermiques. Pour les copropriétés, cette réforme représente à la fois une opportunité de valorisation du patrimoine et un rappel de l’urgence d’agir sur l’isolation et les équipements. Décryptage de cette réforme.
Qu’est-ce que le DPE ?
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est un outil de mesure qui évalue la performance énergétique d’un logement ou d’un bâtiment. Il se présente sous la forme d’une étiquette allant de A (logement extrêmement performant) à G (logement extrêmement peu performant), prenant en compte deux critères : la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre.
Obligatoire lors de la vente ou de la location d’un bien en France métropolitaine, le DPE est à l’initiative et aux frais du propriétaire ou du bailleur. Il permet aux occupants et aux acquéreurs d’anticiper les coûts liés au chauffage, à la climatisation ou à la production d’eau chaude et d’envisager des projets de rénovation adaptés.
Focus sur les copropriétés
Depuis la loi « Climat et Résilience », le DPE est devenu obligatoire pour tous les bâtiments d’habitation collective, selon un calendrier progressif :
- Depuis le 1er janvier 2024, pour les immeubles en monopropriété et les copropriétés de plus de 200 lots.
- Depuis le 1er janvier 2025, pour les copropriétés comptant entre 50 et 200 lots.
- À partir du 1er janvier 2026, pour les copropriétés de moins de 50 lots.
Ce diagnostic est réalisé à l’échelle du bâtiment et influence directement :
- La valeur du patrimoine immobilier. Un bon DPE facilite la location ou la vente des biens.
- Les décisions de rénovation. Il permet d’identifier les priorités pour améliorer la performance énergétique.
- Les obligations légales. Les copropriétés classées F ou G pourront être soumises à des restrictions de location (interdiction progressive dès 2025 pour les G, puis pour les F) et à des obligations de rénovation pour se conformer à la loi « Climat et Résilience ».
Le DPE est donc un outil stratégique pour les copropriétaires, les aidant à planifier des travaux et à se conformer aux exigences environnementales.
Un changement de calcul en 2026
À partir du 1er janvier 2026, le mode de calcul du DPE évolue. L’une des principales modifications concerne le coefficient de conversion de l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient permet de convertir la consommation électrique en énergie primaire, afin d’établir l’étiquette énergétique du logement.
La durée de validité du DPE
Le DPE a une durée de validité de dix ans, sauf exceptions suivantes :
- les DPE réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 étaient valables jusqu’au 31 décembre 2022,
- les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 étaient valables jusqu’au 31 décembre 2024.
Tous les DPE ou audits énergétiques édités à partir du 1er janvier 2026 intégreront automatiquement le nouveau coefficient. Ceux réalisés avant resteront valables et pourront être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site internet de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe
Pourquoi ce changement ?
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie globale de transition énergétique. En abaissant le coefficient de conversion de l’électricité, l’État souhaite :
- Corriger une inégalité de traitement : l’électricité, énergie souveraine et décarbonée, était jusqu’ici pénalisée, dans ce calcul, par rapport au gaz ou au fioul importés.
- Offrir une meilleure visibilité sur les gains énergétiques et économiques liés à l’électrification des systèmes de chauffage.
- Inciter les ménages à abandonner les énergies fossiles (fioul, gaz), responsables de fortes émissions de CO₂, en accélérant le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur.
- Mieux cibler les aides à la rénovation vers les logements les plus énergivores, encourageant ainsi une transition vers des solutions de chauffage décarbonées et performantes.
Aucun logement ne verra son étiquette baisser avec cette réforme.
Cependant, cela ne doit pas occulter un point crucial : un logement mal isolé reste coûteux et peu vertueux, même avec un chauffage électrique performant.
Quels impacts pour les copropriétés ?
Un meilleur classement pour les logements électriques
Les copropriétés équipées de chauffages électriques pourraient voir leur étiquette DPE s’améliorer, ce qui est un atout pour la valorisation du patrimoine immobilier. Une meilleure note peut faciliter la location ou la vente des biens, et réduire les risques de décote liés à une mauvaise performance énergétique.
Mais attention aux logements mal isolés
Un DPE plus favorable ne signifie pas pour autant que le logement est économe ou écologique. L’isolation reste le pilier d’une rénovation énergétique efficace. Un logement mal isolé entraîne des dépenses énergétiques élevées, et donc un impact environnemental plus important, même avec un chauffage électrique performant.
En résumé
La réforme du DPE en 2026 redéfinit les règles du jeu pour les copropriétés. Outil clé d’évaluation énergétique, le DPE influence désormais davantage la valeur des biens, les décisions de rénovation et les obligations légales, notamment pour les logements classés F ou G, soumis à des restrictions croissantes.
Le changement de calcul vise à valoriser les systèmes de chauffage électrique et à encourager l’abandon des énergies fossiles. Cette évolution, intégrée automatiquement dans les nouveaux DPE à partir de 2026, offre une meilleure visibilité sur les gains énergétiques, sans pour autant dégrader le classement des logements.
Mais attention, un bon DPE ne suffit pas : sans une isolation adaptée, les dépenses énergétiques d’un logement et l’impact environnemental associé restent élevés. Cette réforme doit être appréhendée comme une opportunité d’engager des travaux d’isolation et de rénovation globale pour concilier confort, économies et respect de l’environnement.
L’accompagnement Enera pour une rénovation globale
Chez Enera, nous accompagnons les copropriétaires dans une approche globale de la rénovation énergétique :
- Audit énergétique pour identifier les points faibles du bâti.
- Solutions d’isolation adaptées aux spécificités de chaque copropriété.
- Optimisation des systèmes de chauffage, en combinant isolation et technologies performantes (pompes à chaleur, régulation intelligente, etc.).
- Aides financières pour rendre les travaux accessibles.
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